J’avais sept ans la première fois que j’ai compris que ma sœur était différente d’une manière pour laquelle le monde allait la puni

Ils se sont moqués d’elle jusqu’à ce qu’elle pleure.

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« Rosie, quand on sera plus grands, je t’emmènerai au bal de fin d’année. C’est promis. »

Rosie a applaudi et lui a souri, rayonnante.

« Tu l’as entendu », m’a-t-elle dit, toute essoufflée. « Ben l’a dit. »

J’ai hoché la tête, le cœur réchauffé par un sentiment que je ne savais pas encore nommer.

***

Les années se sont enchaînées comme le font les années heureuses.

Ben venait chez nous à vélo presque tous les après-midi.

« Rosie, quand on sera plus grands, je t’emmènerai au bal de fin d’année. »

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Ma mère le tolérait.

Mon père levait à peine les yeux de son journal quand il rentrait.

Mais Rosie attendait près de la fenêtre d’entendre le bruit de ses pneus.

***

À dix-sept ans, j’avais commencé à imaginer un avenir avec Ben.

Jamais à voix haute.

Juste des rêveries silencieuses où on était lui, moi et Rosie, nos vies joyeusement entremêlées, pendant que je faisais mes devoirs ou que je me brossais les cheveux avant d’aller me coucher.

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